• Thomas et Jean Marc, les deux statisticiens du BCO, ont répondu à nos questions à propos de leur rôles :

Pouvez-vous nous présenter la fonction de statisticiens ? Que faites-vous les soirs de match ?

JM : La fonction de statisticien, c’est une obligation de la FFBB pour tous les clubs inscrits en N1. On doit être en place plus de 30 mn avant le match pour préparer le match. La FFBB est très dépendante des pronostics, il faut que l’on soit très rigoureux sous peine de pénalité. Avant la rencontre, on doit enregistrer la composition des équipes. Ensuite, c’est parti ! Interception, balle perdue, tir à 2 points, à 3 points, rebonds, contre-attaque… Tout cela doit-être référencé par celui qui s’occupe de l’ordinateur, le “cliqueur”. Il est renseigné par celui qu’on appelle “l’aboyeur” qui lui, suit le match en live. Il indique tout ce qu’il se passe sur le terrain.

A chaque mi-temps, on doit imprimer les statistiques qui seront transmises aux deux coachs, à l’observateur des arbitres mais aussi à la presse.

A la mi-temps, c’est la même chose. On vérifie avec le marqueur si les points marqués et les fautes sont les mêmes. Le match reprend, il faut être vigilant sur les changements, notamment pour comptabiliser le temps de jeu des joueurs. Les stats sont très importantes pour les joueurs, notamment pour leurs agents, ce qui permet de monnayer leur contrat.

Arrive la fin du match, il faut vérifier une nouvelle fois s’il y a concordance avec la table de marque. Quand tout est ok, on transmet les stats à la fédération qui sont ensuite référencées. A Léo Lagrange, on avait la difficulté de tout devoir installer et démonter avant et après les rencontres.

Thomas : Pour ma part, je suis sur l’ordinateur. C’est assez complexe, il faut indiquer toutes les stats annoncées par Jean Marc : tir tenté, tir marqué, rebonds, passes décisives, etc. C’est une fonction très important pour les joueurs et les coachs. Aujourd’hui, les stats ont une grande importance dans le basket.

Peux-tu nous en dire plus sur les formations de statisticiens ?

JM : Aujourd’hui, tous les clubs de N1 doivent avoir des statisticiens référencés au niveau : ils doivent être formés et recyclés tous les ans pendant un week-end, ou nous sommes informés de nouvelles consignes. Il y a aussi la possibilité de devenir statisticien FIBA, et donc d’intervenir sur des matchs internationaux, ou la maîtrise de l’anglais est primordiale.

Comment es-tu devenu statisticien pour le club ?

JM : J’ai démarré avec mon fils Marc en Nationale 2 à Léo Lagrange. Depuis, le club est monté en N1, en Pro B, puis actuellement de nouveau en N1. Cela remonte à maintenant 15 ans, Marc faisait les stats sur le banc de l’équipe en format papier. Ensuite , tout est passé à l’informatique. Marc étant tout seul, je lui ai donné un coup de main pour faire l’aboyeur. Désormais, cela fait 15 ans et je suis toujours là !

Thomas : Cet été, j’ai vu que le club recherchait un statisticien, j’ai postulé auprès du président. Un CV, une lettre de motivation, et j’ai été sélectionné ! Au début, j’appréhendais un peu. J’ai suivi une formation fin août. Depuis le début du championnat, tout se passe bien, ça me plaît ! J’ai une autre formation prévue l’année prochaine en distanciel. Dans deux ans, j’aimerais faire la formation de statisticien international, pour, éventuellement, être statisticien aux JO 2024 à Paris ! En tout cas, c’est mon ambition, ce serait top !

A l’arrière plan, Jean Marc et Thomas au coeur de l’action !

Arrives-tu à profiter un minimum de la rencontre ?

JM : Non ! Tu es trop dans la rencontre pour profiter. C’est fatiguant. Commenter un match, le vivre, maintenant, on doit également indiquer l’endroit du tir, mais aussi le style de tir : jumpshoot, fadeaway, layup, … c’est très technique !

Thomas : J’arrive un peu à suivre le match, mais je suis là pour les statistiques ! Je prends vraiment du plaisir, surtout lors des matchs serrés. Je pense notamment au match de Coupe de France contre Evreux. Mais je vous rassure, c’est possible de prendre du plaisir tout en faisant les stats !

Une anecdote à nous raconter depuis tes débuts en tant que statisticien ?

JM : Quand T.J. Parker, le frère de Tony, jouait au BCO, ses parents venaient à certains matchs, c’est assez significatif. Aujourd’hui, il est tout de même entraîneur de l’ASVEL ! Il y a aussi la blessure d’un joueur qui s’appelait DeRon Hayes, qui jouait pour nous en N1. Il s’est fait une rupture du tendon d’Achille et vient s’écraser contre le mur, à quelques centimètres de moi. DeRon a joué en Pro A, mais c’est surtout le père de Kilian Hayes, qui joue aujourd’hui en NBA du côté de Détroit.

Thomas : Honnêtement pas forcément, je suis présent que depuis quelques matchs. Mais j’ai hâte d’être à la Contact Pévèle Aréna pour vivre l’ambiance devant plusieurs milliers de personnes. Au début, ce sera forcément particulier pour moi qui suis nouveau. Sinon, ce n’est pas dans les stats, mais l’impact défensif d’Ibrahima Sidibé est vraiment impressionnant. Il met beaucoup d’intensité, d’envie, c’est vraiment le type de joueur qui m’impressionne !

Que dirais-tu aux personnes souhaitant devenir statisticiens ?

JM : Allez-y, investissez-vous ! On manque de monde ! Il faut savoir que c’est autre chose que d’être spectateurs, supporters. Il faut être vigilant à chaque action, parfois tout va très vite. C’est un rôle indispensable. Sans statisticiens, il n’y a pas de rencontres !

Thomas : C’est un poste très intéressant ! En plus, c’est essentiel pour le club, mais aussi les joueurs. L’ambiance en bord de terrain est vraiment top. C’est un poste fascinant.

Un grand merci à Jean Marc et Thomas pour leur implication lors de chaque matchs à domicile !

Souvenir : Il y’a 10 ans, Jean-Marc Dupuis officiait avec son fils Marc aux Statistiques. C’était déjà à Leo Lagrange !